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Robert Frank, dentiste et « nanoartiste » strasbourgeois !



A 93 ans, Robert Frank est une mémoire bien vivante de tout un pan de la recherche à Strasbourg, au sein de l’Institut Dentaire. Depuis toujours, il aime la recherche, et a débuté il y a de nombreuses années : « A la Libération, un microscope électronique Siemens avait été trouvé sur un tas de décombres. Il portait le numéro mondial 7 et il en existait un autre du même type en chimie. On l’a remonté grâce au physicien André Meyer, et pour l’alimenter en électricité, il fallait 100 KV : on a monté des batteries de voitures en série ! Et pour le refroidir, j’allais chercher de l’azote liquide à cheval », confie-t-il au journal L’Alsace.

Entre temps, plusieurs décennies de progrès technologiques sont passées : « On a commencé avec des trucs rudimentaires et on a fini avec le nec plus ultra. Avec cet équipement, on pouvait voir les atomes des molécules. On coupait les dents sans décalcification, à l’échelle du nanomètre, avec des microtomes à lames de diamant. Les gens de l’institut Charles Sadron venaient utiliser notre microscope électronique entre 1980 et 1990 », se souvient le dentiste.

Robert Frank sera le premier doyen de la première faculté dentaire de Strasbourg, officiellement créée en 1970. Ses recherches, qu’il effectue depuis les années 40, et ses ^mis de 500 publications, ont largement contribué à la notoriété internationale de cette faculté. Il est également le seul français à avoir présidé l’International Dentist Research Association. Il se rememore : « J’ai été un des premiers à montrer à quoi est liée la douleur dans la dentine. J’ai mis en évidence l’existence de fibres nerveuses dans certains canalicules de la dentine. J’ai aussi été nommé sept fois docteur honoris causa, aux Etats-Unis, en Europe et dans les pays scandinaves.

C’est au moment de sa retraite qui découvre la peinture, et, suite au conseil d’un ami, il se met à faire du nanoart : « La peinture de l’infiniment petit, un domaine que j’avais pratiqué toute ma vie professionnelle. Et j’ai plongé dedans… ».

Il explique que « Le nanoart est un discipline issue des progrès énormes des moyens d’investigations de la matière. Aujourd’hui, on arrive à voir des choses qui n’étaient pas possibles autrement que par cristallographie et diffraction des rayons X. Mis maintenant, avec la microscopie électronique, on peut voir directement des ions ».

Le Nanoart rassemble plusieurs disciplines. Le dentiste explique en effet que « certains fabriquent des vidéos comme aux USA où a ainsi été filmé la transformation d’une chenille en papillon à l’échelle atomique. Il y a aussi des nanosculptures. Moi, je me suis surtout intéressé à la peinture nanoscopique ». C’est ainsi qu’il a déjà reproduit par exemple la façon dont de multiples particules de virus du sida sont relarguées du lymphocyte T4. Et, se rapprochant de sa discipline, il a peint la plaque dentaire avec des bactéries filamenteuses, colonisées par des bactéries rondes. Egalement, l’une de ses séries de peintures montre comment une carie se développe sur la dent : « C’est un processus qui ne se développe pas par hasard. On voit que cela part du centre d’un cristal d’émail dans un environnement d’ions particuliers qui sont dissous. En bloquant ce site, on pourrait prévenir cette évolution ».

Source : L’Alsace


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